Sidiki Diabaté accusé de violences conjugales, vers un #Metoo à l’Africaine?

En Afrique de manière générale, on pense que le linge sale se lave en famille. Nous sommes d’ailleurs encore au balbutiement des campagnes de préventions contre les violences faites aux femmes. Et nombre de personne de la génération de nos parents ne trouvent pas anormal qu’une épouse soit « corrigée » lorsqu’elle n’agit pas bien.

Mais une nouvelle génération de femmes (et d’hommes aussi il faut le reconnaitre) se lève et décide de revendiquer un féminisme à l’Africaine et des droits pour les femmes du continent. Il ne s’agit pas de calquer la lutte sur celles d’occident mais bien de prendre en compte les spécificités des femmes africaines. Et le premier des combats doit bien sur être celui contre les violences sexistes et sexuelles. Et ce combat commence par le commencement : la reconnaissance et la dénonciation de ces violences .

On l’a vu partout dans le monde, de nombreux hommes ont profité de leurs positions de pouvoir pour abuser de femmes de diverses manières. La semaine dernière encore un rappeur français et un rappeur belge étaient accusés sur les réseaux sociaux avec le hashtag #BalanceTonRappeur.

Le cas Sidiki Diabaté

Aujourd’hui c’est une des stars de notre continent qui est sous le feu des projecteurs pour des raisons qui glacent le sang. Sidiki Diabaté, chanteur en vogue, fils du très grand joueur de kora Toumani Diabaté et petit-fils du légendaire musicien Sidiki Diabaté (1922-1996), surnommé le « roi de la kora », est accusé par une ancienne compagne de violences et de séquestration.

L’affaire a pris de l’ampleur avec la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images montrant les cuisses, les hanches et le dos tuméfiés d’une jeune femme identifiée comme Mariam Sow. Cette influenceuse guinéo-malienne de 23 ans, également connue sous le pseudonyme de Mamasita, a vécu une histoire avec l’artiste et a confirmé que c’était bien elle qui apparaissait sur les photos.

Ces dernières, a-t-elle précisé, « datent d’il y a un an ». Mais « j’ai subi pire que ça, je me demandais s’il savait ce qu’il faisait », a confié Mariam Sow à la télévision guinéenne, évoquant les coups de « rallonge » que le chanteur lui a assénée et sa séquestration dans une maison pendant deux mois.

L’influenceuse aurait profité d’un moment d’inattention du « gars » qui la surveillait pour s’enfuir. Elle a depuis saisi la justice. Les faits s’étant déroulés au Mali, une plainte a été déposée vendredi 18 septembre devant le tribunal d’instance de la commune 3 de Bamako.

L’affaire fait écho aux accusations portées récemment contre le rappeur français Moha La Squale. Contacté par Le Monde Afrique alors qu’il se trouvait en compagnie de son avocat, Sidiki Diabaté s’est dit « serein », décrivant l’affaire comme « plus compliquée qu’il n’y paraît ». C’était avant sa convocation par la brigade d’investigation judiciaire malienne lundi 21 septembre. L’artiste aux millions de téléchargements a, depuis, été placé en garde à vue.

De son côté, Mariam Sow « ne cesse de recevoir des menaces (…), mais elle se porte bien. C’est une survivante, elle suit des examens médicaux », a fait savoir son avocate, MNadia Myriam Biouele. La jeune femme est prise en charge avec le concours du One Stop Center, un lieu d’accueil pour les victimes de « violences basées sur le genre », qui a traité 375 cas similaires entre 2017 et décembre 2019

Un chiffre trop faible

Un chiffre « faible, très faible », selon Sadya Touré, militante féministe malienne et présidente de l’association Mali Musso, qui facilite l’insertion professionnelle des femmes. La décision de déposer plainte contre Sidiki Diabaté, estime-t-elle, « montre aux femmes qui sont dans le silence qu’elles peuvent être soutenues et qu’elles peuvent parler malgré les intimidations ».

Très vite, des hashtags – #JeSuisMamasita, #BoycottSidikiDiabaté et #ShameonSidiki – ont éclos sur Twitter. Des groupes de soutien se sont créés. L’un d’eux, sur Facebook, compte près de 3 000 membres. « Ne relâchons pas. Maintenons la pression pour que la justice fasse son travail », peut-on y lire.

Et ça fonctionne, l’affaire faisant grand bruit Sidiki Diabaté s’est vu bannir des AFRIMMA et du PRIMUD.

Cependant il importe de rappeler que si nul homme ne doit être au dessus des lois et qu’il convient de punir SIDIKI pour ses actes ; les violences faites aux femmes sont tristement banales et chaque cas est grave et doit être traité . Au Togo après que l’arrestation du multirécidiviste PAPSON MOUTITE ait fait grand bruit, nous n’avons plus eu de nouvelles d’une éventuelle condamnation….

Nous aimerions terminer en envoyant de la force à toutes les victimes qui nous lisent peut-être, aujourd’hui, en rappelant que ce n’est pas de leur faute et qu’il n’est jamais normal d’être violenté. Ensemble nous pouvons changer les choses ! En parler et le reconnaitre est le premier pas #JesuisMamacita

Tougbedze .com

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.