[Actu-Politique] [Les questions pas si bêtes !] La Non Mixité c’est quoi ?

Définition ?

La non-mixité est une pratique consistant à organiser des rassemblements réservés aux personnes appartenant à un ou plusieurs groupes sociaux considérés comme opprimés, sans inclure la participation de personnes appartenant à d’autres groupes considérés comme dominants.

La non-mixité est utilisée dans différents mouvements militants, notamment dans le féminisme, l’antiracisme, le mouvement LGBT, les mouvements de personnes en situation de handicap par exemple.

Comment se met-elle en pratique au juste ?

Il s’agit de créer des groupes de paroles où les personnes concernées se sentent libres de s’exprimer. Par exemple, en ce qui concerne les femmes, les hommes ne connaissent pas notre vécu mais ils ont tout de même tendance à vouloir régler nos vies. Il n’est pas toujours facile de s’opposer à eux et/ou de leur faire entendre raison.

La non mixité peut être utile dans le cadre du travail par exemple. J’ai personnellement travaillé dans une ONG où on faisait des réunions tous les 8 mars (journée internationales des droits des femmes) en non mixité. Il en était ressorti que certains collègues masculins draguaient trop et ça rendait mal à l’aise les filles sur leur lieux de travail mais aussi que dans le cas d’un binôme de travail « homme/femme », l’homme pensait toujours être le chef ou encore que les hommes ne pensaient pas souvent à envoyer les femmes sur le terrain pensant qu’elles se fatiguaient plus vite. Nous avions alors fait un compte rendu aux hommes qui avaient fait beaucoup d’efforts pour changer un peu.

On peut alors appliquer les mêmes recettes à l’échelle d’un mouvement des droits des femmes.

La non-mixité par couleur de peau pour quoi faire ?

Si vous suivez l’actualité internationale, vous aurez constaté qu’un collectif «  MWASI » a provoqué la polémique avec son festival Afro féministe à Pzrid. Mwassi est en effet un collectif non-mixte qui réunit des femmes Africaines et Afrodescendantes (c’est-à-dire qui ont des ancêtre noirs) . Leur but est de lutter pour leur émancipation et contre les discriminations spécifiques que subissent les femmes noires.

Elles ont choisis la non-mixité comme mode d’organisation car elles sont les mieux placées pour lutter contre oppressions spécifiques qu’elles subissent. Une femme blanche, même sensible et solidaire des femmes noires ne subit pas les mêmes choses qu’elles au quotidien.

Certaines personnalités politiques se sont enflammées sur leur festival en disant qu’il était interdit aux blancs. C’est faux ! La plupart des espaces sont en non mixité en effet mais il y en a un espace ouvert à tous et toutes !

La non mixité et la mixité deux outils complémentaires :

La non-mixité est avant tout un outil pour se mettre d’accord entre-soi et pour permettre aux concernéEs de se sentir libre de parler mais cet outil n’est réellement utile que si on prévoit également un espace de mixité pour expliquer au non concernéEs solidaires quelles sont les revendications et comment ils et elles peuvent aider.

Ce n’est pas aux hommes de décider quel devraient être les droits des femmes mais ils peuvent toutefois avoir envie d’aider et penser que les femmes méritent des droits.

En fait des hommes peuvent parfaitement lutter pour les droits des femmes, des blancHEs pour les droits des noirEs, des valides pour les droits des personnes handicapéEs ! Ca s’appelle la solidarité ! Toutefois ils et elles ne seront jamais mieux placéEs que les concernéEs !

Il est donc utile de travailler tous et toutes ensembles pour faire évoluer les choses  mais l’un n’empêche pas l’autre !

Quelques exemples de non-mixité dans l’histoire :

  • 1966 ; le black power aux Etats Unis !

En lançant “Black power” à la foule en 1966, Stokely Carmichael, nouveau dirigeant de l’un des principaux organismes du mouvement afro-américain des droits civiques, le Comité de coordination non-violent des étudiants (SNCC), traduit la conviction que les Noirs doivent s’organiser entre eux, et qu’il incombe avant tout aux Blancs de lutter contre le racisme dans leur propre communauté. Il s’agit de ce qu’on appelle « l’autodétermination ». Contemporain du Mouvement des droits civiques représenté, entre autres, par Martin Luther King et Malcolm X, le concept de Black Power tend à désigner des mouvements plus radicaux, bien que le terme puisse désigner un ensemble de groupes très disparates dans leur nature, leurs objectifs et leurs moyens d’action. le Black Power désignait notamment la nécessité de s’organiser de façon non-mixte afin d’éviter une domination insidieuse des Blancs dans les organisations des droits civiques; cette organisation sur une base « raciale » n’excluait nullement la coopération avec des mouvements blancs (dont les Weathermen ou le White Panther Party) et n’avait donc rien à voir avec un quelconque suprémacisme noir (dire que les noirs sont supérieur) ni même un séparatisme radical (dire que les noirs et blancs doivent être séparés

  • Les années 70 et le mouvement féministe français

« Nous sommes arrivés à la nécessité de la non-mixité. Nous avons pris conscience qu’à l’exemple de tous les groupes opprimés, c’était à nous de prendre en charge notre propre libération. »

Ainsi s’expriment des militantes du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1970, dans un numéro de la revue Partisans. Cette conception de la non-mixité comme un acte fondateur, une étape nécessaire d’un cheminement vers l’égalité est notamment théorisée par Christine Delphy, féministe et sociologue au CNRS.

En bref !

La non-mixité est un outil au service des luttes pour l’évolution des sociétés ! il est très efficace mais ne se suffit pas à lui même !

et si vous vivez en France, le Festival c’est le 28 juillet prochain !

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